1. PREALABLE IMPERATIF : CONNAITRE LE COUT REEL DE SA VOITURE
La plupart des Français estiment que leur auto leur coûte 145 € par mois (1750 € par an) en moyenne ! Or tout compris, une voiture coûte en réalité plutôt 5000 € par an, soit 400 € par mois. Comparons :
• Un abonnement annuel aux transports en commun coûte en moyenne 600 € par an sur Paris, et de 350 à 450 € dans les villes de Province.
• Un vélo coûte entre 200 et 500 €.
• Un abonnement à l'auto-partage : vous ne payez que le temps d'utilisation de la voiture, parfois avec un abonnement d'une dizaine d'euros par mois.
• Un abonnement au vélo-partage : 29 € pour 1 an avec Vélib'. Les 30 premières minutes sont gratuites, puis 1 € pour la première demi-heure supplémentaire avec prix progressif ensuite.
• Pour faire le trajet à pied, la paire de chaussures de marche écologiques coûte environ 90 €.
De plus, sur une courte distance, le moteur de la voiture s'use plus vite, consomme 30 à 35 % de carburant en plus sur les deux premiers kilomètres et pollue davantage, car les plus forts rejets de CO2 ont lieu quand le moteur est froid.
2. UTILISER SES PIEDS
A vitesse normal, un piéton fait en moyenne 4 à 5 km/h. Comme 25 % de nos trajets quotidiens en voiture font moins de 1 km (40 % font moins de deux km), ceux-ci peuvent être fait en 10 à 15 mn à pied. En voiture, cela vous prendra 5 mn, s'il n'y a pas de bouchon ou de feu rouge, plus le temps nécessaires pour se garer.
Si aller à pied au travail vous prend moins de 30 mn (3 km), et que le trajet est plutôt agréable, faites-le, il n'y a que des avantages : se mettre en forme pour la journée, trouver nez au vent des solutions pour le travail (ce que l'embouteillage semblerait ne pas permettre, énervement oblige), garder la ligne ou la retrouver, reprendre contact avec la ville, respirer et se relaxer, échanger des regards et des sourires. Vous pourrez toujours rentrer en transport en commun le soir. Seul équipement impératif : de bonnes chaussures conçues pour la marche (90 € la paire écologique, chez Véja, Lafuma ou Patagonia). Faites comme les New-yorkais(es), baskets aux pieds et escarpins au fond du sac ou laissés dans un tiroir du bureau.
Sans oublier, naturellement, la version plus rapide : le skate, les rollers, la trottinette, etc.
3. SE DEPLACER EN VELO
Un cycliste se déplace à 15 km/h, soit la vitesse moyenne d'un véhicule en ville (sans compter le temps de recherche d'une place de parking) ! En Hollande, tout le monde va au travail en vélo, costumes trois pièces et cravate, portable dans une main et cigare dans l'autre (à n'essayer que si vous possédez le rétropédalage). A Fribourg (Allemagne), 1/3 des habitants circulent en vélo, et 10 % à Strasbourg. Quand la voiture instaure des rapports souvent agressifs, le vélo encourage une pratique plus douce, conviviale et ouverte de la ville, diminue les embouteillages et la pollution, et améliore la santé et le stress.
Est-ce dangereux ? Non : il y a plus de blessés graves parmi les piétons. Seuls 8 % des accidentés du vélo le sont gravement, contre 16 % des piétons et 7 % des automobilistes. Mais comme la cohabitation avec les autres moyens de transports ne va pas de soi, mieux vaut connaître quelques règles.
Quel vélo choisir ?
• Pour les chanceux qui habitent Rennes, Lyon ou Paris, il y a désormais le Vélo à la Carte à Rennes, le Vélov' à Lyonet le Vélib'. Mais ces systèmes ne répondront pas toujours à la demande et une commune n'aura pas toujours les moyens financiers nécessaires.
• Pour les possessifs : acheter son propre vélo. Il vous en coûtera entre 200 et 500 €. Pour la ville, mieux vaut le choisir confortable, avec une selle large, une béquille, et un guidon relevé pour permettre une assise droite qui permet d'être attentif à la circulation environnante. Pour savoir comment le choisir,
www.fubicy.org (vous y trouverez aussi la liste des associations locales de cyclistes), ou rendez-vous dans une boutique avec une idée claire de l'utilisation que vous voulez en faire.
• Pour remplacer une deuxième voiture, faire des trajets plus longs ou pour les flemmards : le vélo électrique. Il a les vertus du vélo, et s'il est plus cher (800 à 1800 €), il permet de rouler avec moins d'effort et aide bien dans les côtes (idéal si le trajet est vallonné). Pour connaître les vertus et les vices, consultez le site
www.cyclurba.fr. Il existe aussi des vélos à complément d'énergie. Et la version scooter électrique, mais plus cher : environ 2500 euros (- 400 euros d'aide ADEME déduite chez le marchand).
• Pour les inquiets (qui ont peur de se faire voler leur vélo), mais aussi pour ceux qui doivent ranger leur vélo chez eux, ou le prendre dans les transports en commun : le vélo pliable est la solution. 11 kilos seulement, de 150 € à … 1000 € !
4. L'AUTO-PARTAGE (ET LE VELO-PARTAGE)
C'est quoi ?
• L'auto-partage (
car sharing en anglais) : ce sont des voitures en multipropriété, gérées par une société, une collectivité publique, une coopérative, une association ou même un individu. La flotte de véhicules ainsi constituée est mise à la disposition des "copropriétaires" membres du service d'autopartage selon différentes modalités, généralement sur la base d'un abonnement et d'un prix modique à chaque utilisation du véhicule, fixés selon le type de véhicule, la durée de l'utilisation...
• Le vélo-partage, s'est la même chose, mais pour les vélos. Le Vélib' et le Vélov' sont des formes de vélo-partage à l'échelle d'une commune.
Pourquoi ? Parce qu'on n'utilise pas suffisamment son auto ou son vélo pour en posséder un. Parce que les places de parking et les locaux à vélos sont rares. Parce qu'une voiture d'auto-partage remplace 5 à 10 voitures et que cela permet d'alterner les modes de transport de manière plus adaptée aux besoins réels. Et parce que la société de partage prend en charge les coûts fixes : coût d'achat et d'entretien, amortissement, assurance, impôt, place de parking, etc.
5. FAIRE DU COVOITURAGE QUOTIDIEN
C'est quoi ? Le covoiturage met en relation des personnes effectuant seules tout ou partie d'un trajet identique, afin qu'elles l'effectuent désormais à plusieurs. Connu pour les grands trajets, le covoiturage peut aussi s'instaurer pour les trajets quotidiens domicile-travail, pour aller faire ses courses, aller à la gare, à la piscine, etc.
Pourquoi ? 70 % des Français utilisent leur véhicule personnel pour aller travailler, à 80 % seuls. Si chacun de nous partageait une voiture ne serait-ce qu'une seule fois par semaine, ce serait 20% de trafic en moins pour les trajets réguliers. Donc moins de pollution, de CO2, d'embouteillages…et de frais. Car le covoiturage permet de partager les coûts liés à la voiture : avec deux passagers quotidiens et le partage des frais, ou en alternant entre les véhicules des uns et des autres, vous pouvez économiser de 800 à 1600 € par an !
Comment ?
• Vous pouvez commencer tout petit, en réunissant votre voisinage, votre quartier, ou vos collègues dans une même salle pour que des covoiturages s'organisent. Mais vous trouverez vite une limite au covoiturage informel : moins il y a de participants et moins il y a de combinaisons possibles.
• Mieux vaut donc recourir à un service de mise en relation : certaines communes ou associations ont créé ce type de service, plus ou moins interactifs et performants.
• L'idéal est le moteur informatique de mise en relation, si possible déjà existant, afin d'éviter le coût de création (20 000 € minimum). C'est le cas de La RoueVerte, site dédié au covoiturage régulier et quotidien : il met en relation avec les personnes les plus proches effectuant le même trajet. Gratuit, vous pouvez l'utiliser pour développer le covoiturage sur votre commune ou dans votre entreprise.
• De nombreux sites sont aussi dédiés au covoiturage longues distances, notamment pour les départs en vacances.
6. EMMENER LES ENFANTS A L'ECOLE EN PEDIBUS OU EN VELO-BUS
De quoi s’agit-il ? Matin et soir, un ou plusieurs parents ou bénévoles attendent les enfants du quartier devant un panneau signalétique “ pédibus ” (parfois aussi appelés carapattes) afin de les accompagner à pied sur le trajet domicile-école en toute sécurité. Des arrêts pédibus peuvent être prévus pour récupérer d'autres enfants en cours de route. Lorsque les enfants sont plus grands (primaire) et les distances plus longues, il est possible d'instaurer des vélobus, le principe étant le même, sauf que le déplacement domicile-école se fait en vélo.
Pourquoi ? Aujourd'hui, à peine 60 % des trajets se font à pied. Or, la distance domicile-école est réduite : de 500 à 1 000 mètres, soit 6 ou 7 minutes de marche à pied, alors que la voiture n'est pas si rapide car il faut souvent déjà aller jusqu’à la voiture (parfois garée loin, dans un garage souterrain…), attacher les enfants, trouver un stationnement à proximité de l’école… Et elle rend dangereux les abords de l'école pour les autres enfants. De plus, le nombre d’accidents de trajet augmente chez les 11/12 ans à leur arrivée au collège, où ils se rendent seuls, car ils ont moins appris à connaître les dangers de la route.
Enfin, les avantages pour l'enfant sont nombreux : sécurité sur le trajet, activité physique, éducation à la sécurité routière et à l'autonomie, instauration d'un temps de qualité avec les autres. Et pour les parents aussi, qui accompagnent le pédibus en alternance : gains de temps, convivialité, solidarité, etc.
7. ET SI MA VOITURE M'EST INDISPENSABLE ?
• Choisissez bien votre voiture : parmi les critères qui comptent désormais, il y a le type de carburant, sa consommation et les émissions de CO2 du véhicule. La voiture électrique n'est adaptée qu'en ville, ou pour de courts trajets (autonomie maximum de 100 km et vitesse de 110 km/h). Vous trouverez ci-dessous de nombreux liens pour bien choisir, entre les différents types de véhicules et de carburants. Et gardez en tête qu’en plus vous pouvez bénéficier d'avantages financiers sur les véhicules plus propres : crédit d'impôt, remboursement de la TICGN ou de la TIPP, récupération de TVA, exonération totale ou partielle de la TVS (taxe sur les véhicules de société), aides de l’ADEME pour les véhicules électriques.
Adoptez une meilleure conduite : pour diminuer les impacts nocifs de la voiture, quelques règles simples peuvent être adoptées.
• Au démarrage, le moteur est froid, consomme plus et pollue plus : l'ADEME préconise de commencer à vitesse modérée et d'accélérer pendant les 5 premiers kilomètres, sinon la surconsommation d'essence est de 45 % au premier kilomètre, 25 % au second, et la pollution va de pair car le pot catalytique ne fonctionne pas à froid.
• En roulant à 120 km maximum sur l'autoroute, on perd 15 mn pour faire Paris/Lyon, mais on économise jusqu'à 4,5 litres d'essence.
• La conduite souple, sans à-coup et sans être en surrégime moteur permet aussi des économies (jusqu'à 20 % du carburant), et est moins bruyante.
• Je vérifie mes pneus : les pneus sous-gonflés consomment plus
• Je ne mets la climatisation que quand il fait très chaud car une voiture climatisée produit 10 à 15 % de gaz à effet de serre en plus qu'une voiture non climatisée car elle consomme plus de carburant (3 à 5 % en plus par an) et des fluides frigorigènes s’échappent souvent du circuit de climatisation.
Pour en savoir plus, consultez le
Guide pratique Voiture de l'ADEME.
8. L’AVÈNEMENT DES TAXIS « VERTS »
Tout à commencé avec le lancement il y a quelques années d’
OZOcar, un service new-yorkais écologique et chic de voitures avec chauffeurs, puis le verdissement annoncé à l’été 2007 de la flotte des
« yellow cabs » de la grosse pomme, ou encore l’apparition à Londres de
Green Tomato Cars, un autre service de taxis écologiques, suivi par la décision de devenir neutre en carbone prise par la plus grosse société de taxis londoniens,
Radio Taxis. Et la France alors ? A Paris, un nouveau service lancé en septembre 2007,
Verture, revendique d’être le premier opérateur de transport écologique de la capitale, disponible 7 jours sur 7 : disposant d’une flotte de 5 véhicules hybrides (des Toyota Prius), l’entreprise propose par ailleurs à ses clients des trajets neutres en carbone grâce à ses investissements dans des projets de réduction de gaz à effet de serre effectués auprès de Climat Mundi. Au bout du compte, un tarif forfaitaire (pour les trajets sur les aéroports) ou sur demande « qui ne coûte pas plus cher qu'une course classique », affirme Verture. A noter : outre sa propre flotte de voitures avec chauffeur et prestation haut-de-gamme (chauffeurs formés à l’éco-conduite, voiture insonorisée, presse quotidienne à disposition, univers musical sur-mesure, porte-vélo gratuit, etc.), Verture fédère également des artisans taxis exploitant exclusivement des Toyota Prius - des écotaxis dans lesquels la tarification est celle des taxis parisiens en vigueur. Et cela stimule la concurrence : le leader
Taxis G7 a annoncé en octobre 2007 le lancement d’une première flotte de 32 taxis écologiques sous la signalétique « Taxis G7 passe au vert », avec à terme un objectif de 1000 véhicules « verts » au sein de sa flotte. Les taxis verts de G7 sont pour l’essentiel des véhicules hybrides de type Toyota Prius, ainsi qu’en test des Renault Scenic à moteur électrique Dassault et des Peugeot 307 SW Flex Fuel, conçus pour rouler au super éthanol. La société s’est en outre engagée à donner des subventions incitatives allant jusqu’à 10 000 euros pour les artisans taxi faisant l’acquisition d’un véhicule hybride, et à mettre en place une charte de « conduite écologique » avec formation sur le sujet, pour réduire de 25% ses émissions de CO2 de sa flotte d’ici à 5 an