De l’eau, des céréales et des levures : par ses ingrédients, la bière serait comme du « pain liquide », diraient certains, ce qui en fait un produit de grande consommation mais aussi, au moins en apparence, un produit plutôt naturel. Pourtant, ce breuvage, dont l’existence remonte à l’Antiquité, est moins écologique qu’il n’y paraît : cultures intensives de céréales, processus industriels de production peu économes, en eau notamment, multiplication des emballages, ajout d’additifs et de colorants, réfrigération et transport des produits à marque internationale aux quatre coins du monde…
Certains le consomment avec modération, d'autres avec adoration : « Je le bois lorsque je suis joyeuse et lorsque je suis triste. Parfois, je le prends quand je suis seule. Je le considère obligatoire lorsque j'ai de la compagnie. Je joue avec quand je n'ai pas d'appétit, et j'en bois lorsque j'ai faim. Sinon je n'y touche jamais, à moins que je n'aie soif. » C'est ainsi que madame Bollinger, l’une des grandes dames du champagne, répondait à un journaliste du London Daily Mail qui l'interrogeait sur sa consommation de petites bulles. Mais avant de le déguster, il faut produire le champagne et la viticulture a longtemps fait partie des cultures polluantes. Pourtant, après des décennies de mauvaises pratiques, le terroir de champagne reconquiert ses lettres de noblesse. La bulle pétille désormais de bonnes intentions environnementales.
Rien d’autre que du raisin, de l’eau, un terroir, des fûts de chêne… et du temps pour la vinification : vu de loin, le vin a tout d’un produit naturel, à consommer avec modération pour d’autres raisons que son impact sur l’environnement. Mais à y regarder d’un peu plus près, sa production n’est pas si propre et saine qu’on pourrait le penser : cultures intensives utilisant force pesticides et produits de synthèse, additifs chimiques pour accélérer et faciliter l’évolution naturelle du breuvage, pour accentuer sa couleur ou améliorer sa conservation, etc. Comment, dès lors, apprécier le flacon sans donner l’ivresse à la planète ? Quelques repères peuvent vous y aider…